Mariage à Soi

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On parle beaucoup de prendre du temps pour soi, de « se choisir », de faire des choses juste pour soi, de s’aimer et donc de pouvoir aimer son prochain, mais est-ce qu’on prend VRAIMENT le temps de s’aimer pour être en mesure par la suite d’aimer son prochain autant que soi-même? Y en a-t-il parmi vous qui ont oublié de se choisir ou qui ont oublié d’aimer toutes les parties de soi?

Posez-vous ces questions :

  • Est-ce que je prends du temps pour moi?
  • Est-ce que je m’accorde des petits soins?
  • Est-ce que je cultive suffisamment mon estime de moi?
  • Et… si je fais tout ça, est-ce que je le fais « sous condition »?

Comment s’engager profondément, et avec constance, dans cet espace d’amour profond pour soi?

Dans la dernière année, j’ai eu envie, à plusieurs reprises, de divorcer de moi.  J’ai même eu envie de divorcer du monde, de tout. J’ai vécu en une année ce que certains ne vivront pas en une vie. J’ai vécu trente-cinq événements majeurs dans les derniers 12 à 18 mois, et sur l’échelle du stress, on défonce! Une séparation, un déménagement double, des critiques sur des parties de moi qui sont venues irriter de vieilles blessures, la fin d’une vérification fiscale qui n’en finissait plus, la vente de la maison de ma maman atteinte d’Alzheimer et son déménagement en résidence, mon beau-père malade et affaibli, une pierre aux reins, une coordonnatrice à l’urgence, un retour d’abus, aider des proches-aidants à distance, de son mieux, etc.

J’ai dû apprendre à revoir et ré apprivoiser certaines parties de moi pour en évaluer le degré de souffrance et même de mal-être. J’ai dû avoir le courage de constater que j’avais moi-même arrêté d’aimer certaines parties de moi, ou je les aimais « sous conditions ». Je me suis donc engagée à recommencer, ou à commencer, à aimer toutes mes facettes, en diminuant et même idéalement en enlevant toute condition. Pour m’aider à les aimer, la vie a mis sur ma route des gens qui incarnent ces parties.

Choisir de s’engager à s’aimer sans condition, c’est une tâche pas toujours si facile, ET surtout, une tâche parfois confrontante! Il faut oser se regarder, avec sincérité, pour observer ce qui a pu contribuer à une séparation, par exemple… Il pourrait être tentant de ne pas les aimer autant ces parties de soi. En fait, si ces parties étaient des personnes, j’aurais eu envie d’aller les voir pour les engueuler et leur demander de grandir et de prendre en maturité!

Quand, dans notre vie, des gens se pointent et portent en eux ces parties, il est alors possible de faire l’exercice de regarder de plus près ces facettes qu’on reconnait chez soi et de pouvoir amorcer une démarche concrète pour changer de perspective. On peut alors développer une compassion encore plus grande envers ces gens, ces caractéristiques et envers soi-même. Et puis doucement, avec du courage, de l’humilité, de l’aide externe, des rituels mieux-être, et surtout un engagement à m’aimer plus et à m’aimer mieux, j’en suis lentement revenue à recommencer un pèlerinage vers moi-même, pour consolider cette démarche d’aimer inconditionnellement, pour le meilleur et pour le pire, toutes ces parties de moi. Pour retrouver une unité plus profonde, il faut parfois remettre en lumière toutes ces zones où la paix n’est pas encore assez ancrée.

Pour revenir à un espace d’amour plus grand pour moi, j’ai osé me regarder dans ce qu’il y avait de sombre en moi. J’ai osé arrêter de me camoufler derrière une certaine forme de perfection ou de contrôle. J’ai osé mettre les priorités sur les relations au lieu de les mettre sur avoir une maison complètement libre d’encombrement. J’ai vu à quel point mon esprit, mon âme étaient encombrés. Et j’ai toléré cet état de désordre extérieur pour mettre plus de temps et d’énergie avec ma fille, ma mère, des amis chers à mon cœur. J’ai osé laisser la vaisselle sur le comptoir le soir et ne pas retourner mes courriels pour m’immerger dans un bain plusieurs fois par semaine avec des lectures qui me faisaient du bien. Ou avec un cahier pour écrire. J’ai osé me voir dans un espace où je ne ramasse plus, ou presque pas. Et où l’accumulation temporaire de choses à ranger ou trier, témoignait de mes priorités qui changeaient et accepter que pour cette période, c’était ce que l’ensemble de mes parties pouvait faire. J’ai beaucoup lu. J’ai choisi des gens à qui me confier que je savais capables d’un accueil immense, et surtout, d’un grand espace de non-jugement de mes états globaux. J’ai été chercher le soutien dont j’avais besoin au niveau professionnel pour arrêter de tout faire moi-même. J’ai maladroitement délégué. J’ai de la facilité à aider les gens à déléguer dans mon métier, mais j’ai reçu une belle leçon d’humilité en le faisant pour moi-même. Comme tellement d’autres, j’ai choisi d’aimer ce que je n’avais pas osé regarder si attentivement auparavant.

Comme Jean-Yves Leloup le dit dans son livre « Qui aime quand je t’aime », dans toutes relations, il y a le mariage, le divorce et l’alliance. Le mariage est la phase où l’on se rencontre, c’est la lune de miel, c’est une union dans laquelle on se trouve merveilleux, fascinant, une phase où il est relativement facile au départ de s’aimer. Tranquillement nous voyons apparaître des choses que nous n’avions pas vues, des parties de l’autre qui étaient insoupçonnées. Nous continuons cette union au meilleur de ce qui est possible pour chacun. Puis vient un moment où nous n’en pouvons plus. Alors il y a divorce ou séparation, au sens propre ou au sens figuré. Il y a rupture. Ce que nous voyons de l’autre qui ne nous plait pas devient trop difficile à porter et nous le refusons.

La dernière étape est l’Alliance. Ce moment où l’on choisit de rester ou de revenir dans une relation par choix, en toute conscience de ce qui est beau et de ce qui l’est moins, selon nous. Sans se faire violence. Dans un choix conscient et engagé. Dans cet espace, je ne subis plus. Dans cet espace, une paix et un respect profond peuvent s’installer. Et ce cycle peut se répéter à l’infini et se revivre autant en soi, qu’à l’extérieur de soi. L’alliance avec soi est de pouvoir s’ouvrir à cet espace où je n’ai pas l’impression de faire de compromis avec moi-même, de m’aimer sans condition et de sentir que cet amour, je ne me le retirerai pas au moindre faux pas.

Cette alliance amène une sécurité plus grande de notre propre capacité de s’aimer soi-même. Elle amène une assurance plus grande que je peux compter sur moi, en tout temps, pour me fournir cet amour qui est la base de toute nourriture.  Cette alliance est un CHOIX conscient, et renouvelé, d’aimer ce moi imparfait.

C’est le mariage à soi qui est là pour soutenir afin que je puisse dire :

« Je t’aime, moi ! »

 

Josée Godbout
Accompagnatrice pour Spiritours

Directrice et fondatrice de Drive Leadership and coaching

Son prochain voyage aura lieu au Mexique du 15 au 22 février 2020 sur le thème: Rituels mayas et mariage avec soi-même

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Comments
  • Danielle Arcand
    Répondre

    Merci infiniment Josée, ce texte tombe à point pour moi. Danielle qui est allée avec Spiritours l’an dernier. Un beau bonjour à votre papa qui était guide à ce moment.

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