Dans cet article, Guy J. Giguère partage comment un voyage en Tunisie l’a profondément ressourcé après une période effrénée et difficile.
C’était février 2004. Je terminais à peine une année infernale: fin d’une relation précieuse, démarrage d’une entreprise qui perd son seul associé, redéfinition professionnelle complète — une crise et une quête de sens mêlées — et la cinquantaine qui commençait à me narguer.
À 600 milles à l’heure, on ne voit plus rien. Tout se défile en couleurs horizontales, tout devient irréel. L’âme devient instable, et je ne trouvais plus le moyen de regarder à l’intérieur sans m’éprendre d’un grand vertige. Il était temps de réduire la vitesse.
Sur cette vitesse de croisière où le seul objectif viable devenait l’arrêt complet, j’ai recommencé à regarder ce que j’aimais, ce qui me faisait vibrer. J’ai fait renaître de vieux rêves enfouis en me disant: pourquoi pas?
J’avais toujours rêvé du Sahara. J’aime me noyer dans une culture qui n’est pas la mienne, ne pas comprendre la langue pour mieux écouter les gens dans leur sens le plus profond. En furetant sur internet avec mes mots clés — Sahara, méditation, paix — j’ai découvert Spiritours. Un premier contact, une rencontre simple, une communion: l’envie de marcher dans le désert et retrouver l’essentiel en soi.
La Tunisie à zéro mille à l'heure, c'est l'émergence de délices
Délice des gens qui vivent en toute simplicité, en toute grâce, au rythme d’un travail encore manuel, au rythme des prières et des cafés, du grain à moudre pour faire le pain, des olives à presser pour en tirer l’huile. Au rythme de la musique improvisée sur un vieux bidon d’essence et de la danse au coucher du soleil — car on y célèbre non seulement la foi, mais aussi ses manifestations: la vie, la nature.
Délice du lieu au rythme du soleil et de ses humeurs caloriques. Le désert nous crache de son ventre des roses de sable aussi multiples que nos cristaux de neige. Surtout, il nous offre l’immensité — l’immensité à se perdre ou à se retrouver, à prendre contact avec ce qui est unique et immense en nous.
Délice du Divin qui se manifeste par mille détails: la chaleur des gens, le chant des minarets, le bruit feutré des pas de dromadaires, l’odeur des épices et ce sable qui danse.
Au détour d’une méditation, le vent se lève tout doucement. L’œil ouvert, j’aperçois ces fils diaphanes qui effilochent la crête de la dune devant moi, et au sol le lit de sable se met à bouger, danser, tourbillonner. Sable sur sable, se dévoile une version locale des aurores boréales. Ces filets de sable dansent et causent avec mon âme. Je viens de découvrir mon espace.
Je suis revenu avec le goût d’être bien ancré à mon essentiel, d’être en cohérence avec ce que j’ai de plus profond — et de ne plus me laisser aller à plus de 50 milles à l’heure.
Et vous, vous en reviendrez avec quel essentiel?
Par Guy J. Giguère
Effectual-Thinking
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